Développer la qualité des soins Magazine ARTISET 4 2023

ARTISET 04 I 2023 29 Selon l’expert, il y aurait plusieurs raisons à cela. D’abord, certains de ces IQM ne seraient pas perçus par les équipes soignantes comme suffisamment significatifs de la qualité des prestations de soins qu’elles fournissent, car relevant avant tout de plusieurs médecins externes à l’institution pour ce qui est de la polymédication, et du respect de la loi pour ce qui concerne les mesures limitant la liberté de mouvement. Ensuite, une véritable culture d’entreprise autour de la qualité globale fait souvent défaut. Enfin, tant que les établissements n’ont pas pu prendre connaissance des résultats, il leur est certainement difficile de saisir l’utilité qu’ils peuvent retirer des IQM. Blaise Martin regrette qu’il n’y ait pas eu, dès le lancement du projet des IQM, un mécanisme d’accompagnement structuré au niveau des institutions, des associations d’EMS et des cantons incluant un financement. «Cela aurait permis d’avoir des ‹multiplicateurs›, c’est-à-dire des personnes dans les institutions chargées des questions de qualité et de faire avancer le projet depuis la base.» Et d’ajouter que cela aurait aussi été l’occasion d’inclure d’autres facteurs, par exemple la qualité des relations à l’interne. «Une bonne ambiance au sein d’un établissement a une influence directe sur la qualité des soins.» À ses yeux, le programme NIPQ-Upgrade peut offrir cette opportunité. «Il a pour but de mettre en mouvement un grand nombre de personnes hors et à l’intérieur des institutions pour qu’il y ait une appropriation du programme et ancrer ainsi dans l’entreprise non seulement les IQM mais aussi la recherche constante de la qualité.» «Cela vaut la peine d’avoir une vision positive du projet», insiste Blaise Martin. S’il perçoit une dynamique générale en faveur d’une amélioration de la qualité, cela demande cependant du travail et du temps. «Mais j’espère que cela ira suffisamment vite pour que la qualité soit bien réelle le jour où ce sera mon tour d’entrer en EMS!», conclut-il. La directrice médicale: Gabriela Bieri-Brüning Médecin-cheffe du service de gériatrie de la ville de Zurich, directrice médicale des centres de santé pour personnes âgées qui accueillent et accompagnent quelque 3500 résidentes et résidents sur une quarantaine de sites en ville de Zurich, Gabriela Bieri-Brüning est aussi membre de la Société professionnelle suisse de gériatrie. Au sein du CodAc, elle représente ainsi non seulement les associations de médecins, mais également les institutions de soins de longue durée. C’est donc son expérience du terrain qu’elle met à contribution pour promouvoir le programme national NIP-Q-Upgrade. Et elle n’a aucun doute quant à l’utilité des IQM pour la pratique quotidienne des équipes soignantes en EMS. Elle constate que de nombreuses institutions de soins de longue durée n’ont pas encore réalisé l’importance, pour elles-mêmes, des connaissances dans le domaine de la gériatrie. «Les établissements sont ainsi sensibilisés sur des thèmes gériatriques tels que la douleur, la malnutrition et la gestion des mesures limitant la liberté de mouvement. Il est important qu’ils puissent également interpréter et utiliser les données chiffrées, de manière individuelle, pour leur propre établissement.» À l’instar de ses collègues du CodAc, elle attend du programme NIP-QUpgrade qu’il entraîne une amélioration de la qualité de la saisie des indicateurs afin de rendre possible un benchmark sur sur la base de données fiables, ainsi qu’une optimisation des processus de soins. «Nous souhaitons également acquérir des connaissances sur la meilleure façon d’introduire de telles mesures d’amélioration de la qualité dans les EMS. Ce serait utile pour d’autres projets, tels que la mise en œuvre du plan de soins anticipé ou des recommandations émises dans le cadre de la stratégie nationale pour l’accompagnement et les soins des personnes atteintes de troubles cognitifs émises dans le cadre de la stratégie nationale», ajoute-t-elle. Gabriela Bieri-Brüning «Avec les IQM, les EMS sont sensibilisés sur des thèmes gériatriques tels que la douleur ou la malnutrition.» Gabriela Bieri-Brüning

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